Tuer le père (Amélie Nothomb)

note: 5Tuer le père MELANIE - 21 janvier 2018

Grand bluff! Lecture facile, peut convenir pour des adolescents.

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Critiques rédigées par Mélanie, bibliothéca

 

A perdre la raison (Joachim Lafosse)

note: 5sidérant Mélanie, bibliothéca - 22 novembre 2017

Murielle et Mounir s’aiment. Ils se marient, puis s’installent chez le docteur Pinget, père adoptif de Mounir. Ils n’en partiront pas, même après la naissance de leurs quatre enfants. Redevables de la bonté d’un beau-père qui couvre tous leurs besoins mais transforme chaque cadeau en barreau de prison, dépendant matériellement et financièrement de leur bienfaiteur, le jeune couple ne prendra jamais son envol. L’émancipation naturellement rêvée par Murielle se révèle impossible, et le piège se referme, jusqu’au drame.

Tout a déjà été dit et analysé sur ce film belge découvert à Cannes en 2012 et inspiré d’un fait divers sordide qui traumatisa la Belgique en 2007 : le traitement de l’infanticide (nul spoiler ici car nul suspens dans ce film qui commence par la fin), l’asphyxie provoquée par la promiscuité au sein d’une cellule familiale dysfonctionnelle, la violence sourde qui règne sans que jamais une goutte de sang ne soit versée, l’aliénation qui annihile toute énergie vitale. Et surtout la lente et inéluctable descente aux enfers d’une femme emmurée dans sa vie et qui perd la raison, jusqu’à la pure folie. Enfin, la terrassante sensation de dépossession, de vide immense, de douleur insupportable, incarnée par Emilie Duquenne qui sidère et qui hante, longtemps après le visionnage. Tout a été dit sur ce film mais rien ne sert plus d’en parler, il faut maintenant le voir…

Le chardonneret (Donna Tartt)

note: 5Magnifique roman d'apprentissage Mélanie, bibliothéca - 14 novembre 2017

Le Chardonneret est un long roman d’apprentissage (près de 800 pages) : celui de Théo, jeune adolescent de 13 ans qui devra survivre puis réapprendre à vivre après le drame qui le frappe, un jour pluvieux, dans un musée.
Le portrait est sombre, sans pitié, tragique. Pourtant, de New York à Las Vegas puis Amsterdam, entre solitude et désespoir, Donna Tartt laisse entrevoir la lumière et donne à son jeune héro une belle capacité de résilience. L’écrivaine américaine prend son temps pour planter le décor et asseoir ses personnages. Pourtant, elle pose son récit avec tant de fluidité et d’intensité que les pages se tournent seules. Porté par une écriture minutieuse et foisonnante, Le Chardonneret est de ces grands romans de littérature qui touchent au cœur et à l’âme.

Manchester by the sea (Kenneth Lonergan)

note: 5cataclysme émotionnel Mélanie, bibliothéca - 8 novembre 2017

Il y a les drames dont on se remet et ceux dont on ne se remet pas. C’est bien de cela qu’il s’agit dans Manchester by the sea. Sous ses airs de petit film indé discret, ce long-métrage du peu connu Kenneth Lonergan s’avère être un saisissant cataclysme émotionnel, une œuvre bouleversante, absolument déchirante.
C’est là que Lonergan réussit son coup de maître : réhabiliter le mélodrame, le rendre noble et puissant tout en évitant religieusement d’en user les codes les plus embarrassants. Même si l’équilibre semble parfois périlleux à tenir, avec quelques scènes sur le fil du rasoir, il parvient magistralement à éviter les embûches du tire-larmes. Il ne reste alors que l’essentiel : la peinture naturaliste d’une famille empêtrée dans le deuil et les portraits magnifiques de ceux qui la composent. Portraits incarnés par des acteurs tous habités, sans exception. Et quand toute la tristesse du monde se concentre dans le seul regard de l’inoubliable Casey Affleck, damné, qui traîne son malheur épaule courbées, dans un silence de glace, comme si les mots ne servaient plus à rien, alors c’est notre cœur qui manque de se figer...
C’est lent, âpre, brut comme ce morne décor, écrin mélancolique qui embrasse tout entier les personnages désemparés. Pourtant l’on rit parfois, avec cet adolescent attachant qui veut avancer et vivre pleinement malgré la peine. Ces moments de respiration, ces touches de comédie au sein du drame sont salutaires : la vie coûte que coûte et malgré tout.

Room (Lenny Abrahamson)

note: 4émouvant Mélanie, bibliothéca - 30 décembre 2016

Adapté du roman bouleversant d’Emma Donoghue, Room réussit son pari et parvient à tenir le parfait équilibre qui avait également fait le succès du livre : une tension bien tenue lors de la captivité de ce beau duo mère/enfant, et l’évocation tendre, juste et nuancée des difficultés à vivre une liberté tardivement retrouvée. Un vrai beau film.

La part des flammes (Gaëlle Nohant)

note: 4chaud devant... Mélanie, bibliothéca - 27 septembre 2016

Paris, 1897 : les femmes de la haute société se réunissent pour une grande vente caritative au Bazar de la Charité, point d’orgue de leurs bonnes œuvres. Le rassemblement mondain tourne au cauchemar lorsque des flammes commencent à ravager les lieux...
Dans La part des flammes, Gaëlle Nohant revient sur cet épisode douloureux mais oublié de la Capitale de la fin du XIXe siècle. Les faits marqueront d’autant que les victimes furent pour la très grande majorité d’entre elles des femmes de la noblesse. Le traitement médiatique de l’époque et les conséquences sociales de l’évènement sont d’ailleurs intelligemment décrites par l’auteur.
Au-delà de la tension très romanesque de l’histoire qui pousse à tourner les pages, c’est cette façon très rigoureuse de documenter le Paris de l’époque, les petites mesquineries de la haute société, la condition des femmes, etc. qui font l’intérêt de ce gros roman. Une jolie lecture !

La pluie, avant qu'elle tombe (Jonathan Coe)

note: 4snif... Mélanie, bibliothéca - 27 septembre 2016

Ce dernier roman tient une place particulière dans l'œuvre de l'auteur britannique. N'imaginez pas retrouver le ton satirique et l'ironie de Testament à l'anglaise, ni l'humour caustique des cycles Bienvenue au Club et Le cercle fermé. Rien de tout cela ici. Attendez-vous plutôt à être discrètement emporté dans une chronique familiale, où les femmes ont le premier rôle. Car c'est une histoire de femmes, mères, filles, cousines, nièces, un drame silencieux qui se joue sur trois générations et qui prend aux tripes. Si la fin est un peu moins réussie, la plume de Coe n'en reste pas moins envoûtante, et la description des sentiments humains toujours très juste. À vos mouchoirs !

Un concours de circonstances (Amy Waldman)

note: 5Quand la fiction rejoint la réalité Mélanie, bibliothéca - 27 septembre 2016

Quelques années après le 11 septembre, le jury chargé de choisir le projet de mémorial désigne parmi des dossiers anonymes un architecte américain musulman. La révélation de son nom crée un véritable scandale dans l'opinion publique. Le roman d'Amy Waldman, ancienne journaliste au New York Times porte bien son nom. Le traumatisme vécu par l'Amérique révèle ainsi toutes les contradictions de ce peuple déchiré entre ses valeurs fondamentales et sa peur de ne pas paraître assez fort. Les circonstances font que la description des mécanismes politiques et médiatiques de cette affaire est passionnante. Les moindres réactions sont décortiquées, d'où qu'elles viennent, comme si l'auteur ne voulait rien laisser de côté dans son analyse. La fiction rejoint brusquement la réalité. Grand roman !

L'indésirable (Sarah Waters)

note: 4Si vous aimez les romans fleuves Mélanie, bibliothéca - 27 septembre 2016

Dans son roman fleuve de près de 700 pages, Sarah Waters décrit les affres d'une famille bourgeoise en plein déclin après la fin de la seconde guerre mondiale. En reprenant les codes des grands auteurs du XIXe siècle, elle explore les moindres recoins de Hundreds, imposante demeure que les propriétaires quasi ruinés tentent de sauver, la rendant ainsi familière, presque vivante. L'auteur va lentement distiller une dose d'étrangeté à son récit et laisser peu à peu planer le doute sur les causes réelles de ces tourments.

Je vous écris dans le noir (Jean-Luc Seigle)

note: 5noir et percutant Mélanie, bibliothéca - 22 septembre 2016

1953, Pauline Dubuisson est condamnée par la justice pour le meurtre de son ex-fiancé. Elle passera plusieurs années en prison avant d’être libérée pour bonne conduite.
Avec « je vous écris dans le noir », Jean-Luc Seigle relate cette affaire criminelle qui marqua la France des années d’après-guerre et fût d’ailleurs l’objet d’un film sorti en 1960.
L’auteur ose le récit à la première personne pour incarner au plus près le destin sombre et tragique de cette femme littéralement meurtrie par l’Histoire et les hommes. L’affaire s’avérait potentiellement casse-gueule, pourtant, Jean-Luc Seigle s’en sort admirablement et adopte le ton juste. Malgré des passages très éprouvants, il évite le pathos et épingle soigneusement la misogynie de l’époque. Pauline Dubuisson, dont on a dit au cour de son procès qu’elle était une séductrice diabolique, manipulatrice et sans âme, devient ici une héroïne bouleversante.

Ainsi résonne l'écho infini des montagnes (Khaled Hosseini)

note: 4Un conte émouvant Mélanie, bibliothéca - 25 juin 2015

Avec cet écho des montagnes, l’auteur americano-afghan Khaled Hosseini signe une œuvre romanesque dont la simplicité et la grâce touche au cœur. À l’image de ses enfants écoutant leur père leur livrer une fable cruelle dans le premier chapitre, on se laisse emporter, page après page, par un récit indéniablement émouvant. Au-delà des frontières de l’Afghanistan, Hosseini nous fait aussi voyager en Grèce, aux Etats Unis, en France. Il aborde, en les effleurant seulement parfois, des thèmes aussi divers que la fraternité, la jalousie, l’homosexualité, la culpabilité… mais avec tant de fluidité et de sincérité qu’il évite l’écueil du roman fourre-tout et guimauve.
Un écho qui résonnera ainsi longtemps après avoir refermé le livre.

Blue Valentine (Derek Cianfrance)

note: 5Drame amoureux dépressif Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Le titre et l'affiche de Blue Valentine prêtent à confusion. Si vous aimez les bluettes qui finissent bien, fuyez ! Derek Cianfrance livre ici un drame amoureux bouleversant, ultra-mélancolique et d'une honnêteté absolue sur l'échec d'une relation. Qu'est-ce qui unit deux personnes ? Qu'est-ce qui les désunit ? L'érosion lente de ce couple que tout destinait pourtant au bonheur est inéluctable, fatale, et d'une tristesse infinie. Les acteurs Michelle Williams et Ryan Gosling, surinvestis, proposent une incroyable interprétation. Regardez-le, mais pas avec votre conjoint !

Take shelter (Jeff Nichols)

note: 5Flippant ! Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Curtis mène une vie sans histoire avec sa femme et sa fille dans une petite ville des Etats-Unis jusqu'au jour où son esprit déraille et où l'idée d'une tornade meurtrière l'envahit, jusqu'à l'obsession. Les visions apocalyptiques, distillées lentement, au compte goutte sont-elles les prémices d'une catastrophe à avenir ? Sont-elles prémonitoires ? Sont-elles simplement le fruit des angoisses de Curtis, celles universelles de la mort et de la perte ? La frontière entre le fantastique et la réalité est ténue, jamais vraiment définie, et le spectateur suit fébrilement les errements de Curtis, dans l'attente d'une réponse claire.

Oeuvre non trouvée

note: 4Après 11 septembre... Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Au matin du 11 septembre 2001, New York s'ébranle. Et avec elle tous ceux qui font ce qu'elle était. L'ambition forcenée, le clinquant, le dérisoire laissent place à la solidarité, au partage, au besoin furieux de recommencer, de pardonner. C'est au cœur de la désolation que naît une passion entre Corinne et Luke, deux êtres tourmentés par les circonstances de leur rencontre. Jay McInerney accompagne avec une incroyable justesse ses personnages à la fois pathétiques et attachants et décortique le sentiment amoureux tel qu'il naît de la tragédie. Par delà la satire, au bord de la mélancolie, l'auteur nous donne aussi à voir une Amérique en perte de repères, à la recherche du lien social, humain qui la ferait revivre.

Australia underground (Andrew McGahan)

note: 3polar politique Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Australia Underground est plus un roman politique qu'un polar. Dans une Australie belliqueuse et ultra militarisée, Léo, qui fait figure d'anti-héro, est le témoin du déchaînement de violence que peut provoquer la peur panique de l'étranger. Camps, ghettos, milices et fusillades sont autant d'éléments qui jalonnent le roman et renvoient à la fois à de mauvais souvenirs de notre histoire, mais aussi à des évènements plus récents. On pense évidemment à la lutte acharnée contre le terrorisme, au fameux axe du mal, à la volonté de domination des grands états. Certes, tout cela est parfois trop démonstratif, mais il n'est pas déplaisant de suivre les mésaventures de ce malheureux personnage pris malgré lui dans la tourmente de son pays.

Les jeux de la nuit (Jim Harrison)

note: 4Tendre et brutal Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Trois nouvelles, trois destins. Jim Harrison sait comme personne mettre à nu les hommes et dévoiler leur animalité. L'Homme et la nature, l'Homme et ses désirs primaires et brutaux... tels sont les thèmes sans cesse ressassés par ce grand auteur, qui n'en manifeste pas moins une belle tendresse pour ses personnages.

Argo (Ben Affleck)

note: 4Parfait... mais pas jusqu'au bout ! Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Téhéran, novembre 1979, cinquante-deux américains sont pris en otage par des militants iraniens. Un expert de la CIA spécialisé de l'exfiltration est chargé de faire sortir du pays six d'entre eux réfugiés à l'ambassade du Canada. La mission s'avèrera extrêmement dangereuse
Argo est un bon film... jusqu'au dernier quart d'heure. Mais pourquoi diable a-t-il fallu que le réalisateur et acteur Ben Affleck se fourvoie dans la dernière ligne droite, et se vautre dans une marmelade d'héroïsme et de patriotisme US ? Pourtant sobre et bien maîtrisé pendant les trois quart du film, tenant honnêtement le spectateur en haleine sans en faire trop, Argo pêche finalement par excès de confiance en forçant le trait des deux camps en présence, les uns très très méchants les autres, très très gentils bien sûr !

La vie très privée de Mr Sim (Jonathan Coe)

note: 2Bof bof... Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Ce dernier roman de Jonathan Coe est une déception. Déception d'autant plus grande que la plume de l'auteur britannique a été jusqu'à présent l'une des plus caustiques de sa génération. Ici, rien, ou du moins pas grand chose. D'abord, c'est long... très long. Les pérégrinations de cet homme solitaire sont sans intérêt, à l'instar de sa vie. Bizarrement, on ne parvient jamais à s'y attacher malgré les invocations permanentes de Coe, les effets de style incitant le lecteur à être ami/ami avec lui, à le suivre jusqu'au bout du voyage. C'est finalement avec soulagement qu'on arrive au bout de ces 448 pages, non sans la désagréable impression d'avoir patienté tout ce temps pour en arriver à... pas grand chose. La révélation sur les orientations sexuelles du narrateur sont un peu caricaturales, et la pirouette finale ne rattrape pas le reste, tant elle est bâclée.

Carnage (Roman Polanski)

note: 5un régal de cynisme ! Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Huis-clos théâtral filmé, Carnage, qui porte bien son nom est complètement réjouissant. Suite à la dispute de leurs enfants respectifs, deux couples aisés new-yorkais font craqueler le vernis. Une fois les politesses d'usages échangées, ils tombent le masque et baroudent odieusement pendant plus d'une heure, s'affrontant à coup de joutes verbales cruelles mais hilarantes. Les quatre acteurs sont au top et au final, c'est bel et bien un fameux carnage !

Town (The) (Ben Affleck)

note: 4Action, amour, tourments... Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Pour son second long-métrage, Ben Affleck filme de nouveau sa ville natale, Boston, lieu de braquages incessants, menés de père en fils depuis des générations. Lorsque Doug et sa bande, menée par la tête brûlée Jem, prennent en otage une jeune femme alors qu'ils dévalisent une banque, le doute s'installe. Prisonnier de ces choix passés, de son quartier, de la culture de la truande, Doug tente pourtant de devenir un autre. La réussite de The town tient à la description sans fard de la violence urbaine, de la difficulté à échapper à l'environnement dans lequel les personnages sont embourbés depuis l'enfance. Et puis ne gâchons pas notre plaisir, c'est aussi et surtout un très bon film de gangsters, comme on les aime. La maîtrise de la réalisation, l'alternance heureuse des scènes d'action et intimistes donnent à l'ensemble une belle allure et rend le film, contre toute attente, émouvant.

Indésirable (L') (Régis Debray)

note: 3Si vous aimez les romans fleuves Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Dans son roman fleuve de près de 700 pages, Sarah Waters décrit les affres d'une famille bourgeoise en plein déclin après la fin de la seconde guerre mondiale. En reprenant les codes des grands auteurs du XIXe siècle, elle explore les moindres recoins de Hundreds, imposante demeure que les propriétaires quasi ruinés tentent de sauver, la rendant ainsi familière, presque vivante. L'auteur va lentement distiller une dose d'étrangeté à son récit et laisser peu à peu planer le doute sur les causes réelles de ces tourments.

Winter's Bone (Debra Granik)

note: 5l'autre Amérique Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Forêt des Ozarks, Arkansas. Ree, 17 ans, s'occupe seule de sa mère malade et de ses deux frères et sœurs. Lorsque son père disparaît alors qu'il sort de prison, la famille risque l'expulsion de la maison, engagée comme caution à moins que Ree ne le retrouve. Portrait sans concession, quasi documentaire de l'Amérique pauvre et rurale, le film de Debra Granik ne force rien, n'impose rien mais décrit une réalité dont on préférerait se détourner. Faim, solitude, peur, omerta... Un peu d'espoir tout de même, symbolisé par le courage brut et un peu désespéré de cette adolescente sous tension, interprétée par la formidable Jennifer Lawrence.

Orages ordinaires (William Boyd)

note: 3Pas mal Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Orages ordinaires est sans conteste un roman de qualité : l'écriture est sobre, le discours sans détours de Boyd sur la société Londonienne, ses citoyens huppés, ses cités misérables, ses bas-fond, ses œuvres de charités Et puis la descente aux enfers, celle d'un homme ordinaire dont la vie bascule en un instant et qui perd tout. C'est sans doute l'aspect le plus intéressant de cette œuvre et c'est ici que Boyd parvient à nous surprendre. Orages ordinaires n'est ni un polar ni un thriller. Là où l'on s'attendait à un survival musclé et brutal, avec rebondissements, intrigues et coups de théâtres, on trouve une réflexion sur l'anéantissement de l'identité et le prix exorbitant de la liberté. Dommage que l'idée du complot pharmaco-financier soit un peu surfait...

Oeuvre non trouvée

note: 5Drôle et acide ! Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Santa Mondega, petite ville du sud des Etats-Unis est le théâtre de crimes atroces, où les cadavres s'empilent inexorablement. L'œil de la lune, pierre très convoitée aux pouvoirs mystérieux, semble être au cœur de ce déchaînement de violence que rien ne paraît pouvoir arrêter. Les deux flics Sommers et Jensen, mènent l'enquête. Le livre sans nom, dont l'auteur est anonyme, est un polar savoureux. Dialogues drôlissimes, personnages improbables, intrigue parfaitement maîtrisée et scènes quasi cinématographiques rendent ce thriller fantastique hors norme délicieux et vous fera passer un vrai bon moment de lecture.

Room (Emma Donoghue)

note: 4Très émouvant Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Jack, qui vient de fêter ses cinq ans, a les préoccupations des enfants de son âge : jouer, découvrir, comprendre ce qui l'entoure et interagir avec sa mère, qui est le centre de son existence. Pour cause, il vit seul avec elle dans la même pièce exiguë depuis sa naissance. Seul le Grand Méchant Nick vient perturber régulièrement l'apparente harmonie qui règne dans la vie du petit garçon. D'une situation extrême, Emma Donoghue extrait la force de ses personnages, un couple mère/enfant soumis à l'impensable. Ce qui fascine à la lecture de Room, c'est la capacité de l'auteur à décrire des situations difficiles (l'enfermement et la captivité) sans jamais en faire véritablement le coeur de son récit. En effet, le vrai sujet est ailleurs : la faculté de ce jeune garçon à évoluer normalement dans un monde anormal, à s'absoudre d'une réalité insupportable pour créer un univers vivable et vivant. Et surtout les relations complexes qui unissent une mère et son enfant, de la fusion à la séparation, en toute circonstance. Très émouvant...

Moonlight mile (Dennis Lehane)

note: 4Polar savoureux Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Nouvel opus des aventures de Patrick Mackenzie et Angela Gennaro. Un retour mouvementé dans le passé puisqu'il s'agit, pour les deux détectives, de retrouver à nouveau Amanda Mc Cready, la fillette dont la disparition 12 ans plus tôt était déjà l'objet de l'excellent Gone Baby Gone. Toujours réticents, les voilà pourtant repartis dans une enquête sombre et brutale, dont la noirceur est toujours contrebalancée par l'humour un peu désespéré du narrateur. Les dialogues savoureux détendent une atmosphère bien chargée : disparitions d'adolescentes, enlèvement de bébés, mafia russe et autres réjouissances... Un polar de bonne tenue, malgré quelques invraisemblances, notamment concernant la personnalité de la très jeune Amanda, dont l'auteur a sans doute un peu forcé les traits.

Shame (Steve McQueen)

note: 5Ça dérange ! Mélanie, bibliothéca - 13 décembre 2014

Brandon, new-yorkais trentenaire travaille beaucoup et vit seul dans un appartement froid et impersonnel. Séduisant et discret, il souffre d'une addiction sexuelle qui ne colle pas à son profil. Lorsque sa sœur, chanteuse râtée, débarque chez lui, c'est la panique Shame est un film absolument glaçant sur la solitude, l'incapacité à aimer et à faire tomber les barrières invisibles qui séparent les êtres. À l'image de la ville, austère et grise, Brandon prend le métro, travaille, rentre chez lui. Seuls les moments de jouissance, furtifs et désespérés viennent briser la cadence. Michael Fassbender, qui porte tout entier le film dans son regard froid, est inoubliable. Poisseux mais bouleversant et pour public averti.

Don't explain (Beth Hart)

note: 5Immense coup de coeur Mélanie, bibliothéca - 30 septembre 2014

Immense coup de cœur pour cet album hommage de reprises soul et blues. La voix profonde et ultra bluesy de Beth Hart, accompagnée par la guitare énergique mais jamais envahissante du génial Joe Bonamassa donne à l’ensemble une tenue magnifique et sur certains morceaux (don’t explain, I’ll take care of you, I’d rather go blind) envoûte, littéralement.

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